Il faut sauver le soldat (le député) Auclair

Après les visites de ces derniers jours de Frédéric Lefebvre et Xavier Bertrand dans notre département, voici annoncées celles de Claude Guéant et Frédéric Mitterand. Peut – être même celle de François Fillon.

La ronde des ministres a donc bel et bien commencé pour venir chanter aux électeurs creusois les louanges de Jeannot, comme on appelle ici le député Auclair ! Car sous prétexte « d’inaugurations » diverses et variées, le but est certainement de prouver que Jean Auclair continue d’avoir « l’oreille et le chéquier de l’Elysée » comme il se plaît lui – même à le répéter. La démarche paraît quelque peu désespérée car en effet, où peut conduire le soutien de personnalités représentant un pouvoir de plus en plus contesté ? Ou, doit -on  voir, dans ces visites, le cadeau fait au bon petit soldat qu’a pu être Jean Auclair, votant, comme un seul homme, toutes les lois du gouvernement sarkosyste et s’érigeant en défenseur local forcené d’une politique flirtant parfois avec des excès ou dérapages insensés ?

Avec une seule circonscription au lieu de deux depuis le redécoupage Marleix, Jean Auclair a besoin de tous les bataillons dans le choc frontal qui va l’opposer au député socialiste Vergnier. Ce dernier partant largement favori sur le papier.

Pour ma part, je regarde, amusée, cette agitation à venir. Agitation qui vise à masquer le bilan ou devrais – je dire, les bilans. Car le député Auclair concourt pour un 5e mandat de parlementaire, le cumulant avec celui de maire et conseiller général.

L’occasion, pour moi, d’une parenthèse pour  dénoncer, ici, un système politique qui se sclérose de plus en plus. Avec une Assemblée Nationale étant l’une des plus âgées d’Europe (âge moyen des députés de 59 ans), un renouvellement ultra limité de la classe politique (45% des députés en seraient à leur 3e mandat et 10% à leur 6e !), une représentativité de la société très aléatoire (et pas seulement en terme de parité), nous voici donc dirigés par des élus finalement déconnectés de la réalité quotidienne des citoyens, manquant terriblement de bon sens et de pragmatisme ! Alors que la France est à 2 doigts de la faillite, on peut s’interroger sur la capacité à trouver des solutions de ceux qui ont largement contribué à la situation dans laquelle nous sommes, droite et gauche confondues.

La faute à qui , me direz – vous ? Aux électeurs ? Certes pas, car pour être élus, il faut avoir été investis. Et là, c’est de la responsabilité des partis politiques qui préfèrent, pour s’assurer la victoire, miser sur la même « diaspora » locale. Celle – la même qui tient à distance tout nouveau talent, qui verrouille le territoire, distribuant ses subsides à tel ou tel selon la proximité politique ou les services rendus et non sur la qualité des projets, la compétence…

Et là me traverse une envie de « renverser la table », de façon républicaine, entendons – nous. Pas question de basculer dans des extrêmes qui ne nous mèneraient qu’un peu plus au fond du trou avec leurs réponses insensées et inappropriées. Inventer une autre façon de gouverner, celle qui privilégie la compétence avant l’étiquette, celle qui a pour ressort l’honnêteté, pour motivation l’intérêt général et non les intérêts particuliers.

D’ici là, nous regarderons passer les convois venus sauver le soldat Auclair…Tout en étant convaincus que c’est bel et bien le citoyen qui aura le dernier mot et il se peut qu’il fasse savoir qu’il en a assez qu’on le prenne pour un gogo…

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