Telle est la mission confiée au Président du Conseil Général de la Creuse dans le cadre de la campagne de François Hollande.
On peut se dire qu’à l’évidence, M. Lozach est bien placé pour parler de la ruraité et la défendre. Oui mais qu’en a -t-il fait, ici, dans notre département ? Je suis portée à penser que le travail accompli, les réalisations montrent, plus que les beaux discours, la pertinence des actions de nos élus. C’est bien là que le bât blesse au vu de l’état de notre territoire aujourd’hui ! Car si nos élus sont très forts en matière de constats, s’ils le sont pour rejeter la responsabilité sur l’Etat ou la faute à « pas de chance » alimentant, par leurs plaintes incessantes, les croyances d’un département délaissé, ils le sont beaucoup moins en matière de volontarisme.
Jean – Jacques Lozach, dans le cadre de sa mission, nous parle de l’accès au très haut débit pour tous d’ici 2025. Et si l’on commençait par avoir accès au haut débit partout ? Ce qui est loin d’être le cas dans notre département, tout comme il reste de nombreuses zones blanches en matière de téléphonie mobile. Ceci constitue un véritable frein au développement économique et donc à l’emploi et à l’accueil de populations nouvelles. Tout comme l’est le manque d’infrastructures routières, ferroviaires.
M. Lozach nous parle PME et TPE, que connaît -il de la « chose économique » ? Qu’a -t-il fait pour en assurer l’installation ou le développement au cours de ses mandats ? Toujours cette même impuissance, cette même résignation, enrobées de discours bien – pensants. Ah oui, « il est dommage que la Creuse, terre d’excellence en matière d’élevage, n’ait plus d’abattoir ». A t-on, à l’époque, étudié toutes les solutions ? A t -on fait pression auprès de sa majorité régionale, également partie prenante du dossier ? D’autres territoires (dans le 63, par exemple) ont réussi à relever le défi de garder des structures de moyenne capacité mais pas en Creuse.
Ce département, que M. Lozach voit en éco – département depuis sa campagne des cantonales. Alors même que notre territoire n’a pas été fichu de trouver une solution, en temps et en heure, à la fermeture d’un centre d’enfouissement des déchets et qu’il exporte une bonne partie de ceux – ci dans les départements voisins.. Alors même que notre département vient d’être classé à la 57e place du palmarès écologique du magazine La Vie, dégringolant de plusieurs places par rapport à la dernière enquête. Suffit pas de se décréter « pays vert et bleu » pour s’assurer un certificat de vertu écologique.
Bref, tout est à l’avenant : un manque de réalisme, de prise avec le quotidien, des projets souvent décalés, rarement innovants ou pertinents. Associés à un doux ronron routinier et soporifique.
Car qu’est – ce que la ruralité ? C’est d’abord une identité, une marque de fabrique. C’est un socle minimum en matière d’infrastructures (routes, fer, santé, écoles, services publics, culture). Ce sont des défis dans ce monde de plus en plus concentré et urbanisé. Ce sont surtout des atouts. Qu’il convient d’identifier pour pouvoir leur donner corps : l’agriculture dont il est urgent de développer de la plus – value localement – la filière bois à structurer et à porter vers le développement de nouveaux débouchés (développement durable par exemple) – la Creuse, département le plus âgé de France, peut devenir un laboratoire innovant en matière de gérontologie – le tourisme, pour peu que l’on se donne les moyens de mettre en avant nos merveilles locales (cf Aubusson et son label Unesco) – des unités de productions à la mesure de la taille de notre territoire, équitablement répartis selon ses richesses et ses forces, donnant accès à l’emploi à une main – d’oeuvre unanimement reconnue comme de qualité.
Finalement, M. Lozach colle parfaitement à l’esprit du projet socialiste dont on a vu, pour le moment, à quel point il répondait peu aux attentes des citoyens par sa surenchère incroyable de promesses insoutenables, par sa non – prise en compte de la crise et de l’exigence d’assainir les finances de l’Etat. Une phrase que je ne cesse d’entendre sur le terrain résume bien le sentiment des électeurs « Sarkosy, on n’en peut plus, on n’en veut plus. Mais on va quand même pas voter Hollande ? » A méditer…